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Mutants, Mutins, Moutons

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Des mutants, des mutins et des moutons, c'est ainsi que le sociologue Gérard Mermet dresse le portrait de la société française.

Adeptes de la technologie et de la mondialisation, les premiers vouent un culte bienveillant à la modernité, ou plutôt à la postmodernité. Ils ont une vision optimiste de l'avenir, sont confiants en l'intelligence humaine... Ces nomades se voient déjà, au-delà de toute notion de frontières nationales ou régionales, citoyens d'un village planétaire dynamisé par le métissage des cultures. Face à ces adeptes de tous les progrès, les mutins le sont plutôt du principe de précaution. Comme leurs ancêtres les Gaulois, ils ont l'esprit critique et n'entendent pas s'en laisser compter ! Ils affichent d'ailleurs une grande solidarité pour lutter contre les envahisseurs, que ce soient l'Amérique, Internet ou encore la viande de boeuf anglaise ou les tomates espagnoles... La plupart ont d'ailleurs tendance à penser que « c'était mieux avant » et qu'il faut préserver le monde de l'emprise tentaculaire du tout économique.

Les moutons quant à eux, font le gros dos. Dans un univers dont la complexité croissante leur échappe souvent, selon G. Mermet, ils préfèrent se réfugier dans la sphère domestique ; ils seraient aussi les plus perméables aux discours populistes et simplificateurs...

Précisons cependant que cette typologie assez amusante ne représente pas un découpage statistique concret : inutile de prendre votre crayon pour cocher les éléments qui vous placeraient dans l'une ou l'autre de ces catégories. Car selon l'auteur, dans le monde multidimensionnel qui est le nôtre, nous sommes chacun un peu de tout cela à la fois. Les fameux bobos par exemple, ces « bourgeois bohèmes » récemment identifiés par les sociologues, sont des mutants dans leur vie quotidienne, mais figurent parmi les mutins lorsqu'il s'agit de voter. Et puis de temps en temps, cela ne fait pas de mal d'être un peu mouton, à condition toutefois de ne pas se faire manger la laine sur le dos !

Gérard. Mermet, Francoscopie, 2005. Pour comprendre les Français, Larousse, 2004.

 

Quand un lieu urbain, quand les architectures qui le bordent, les espaces libres qui le relient, les lumières qui le traversent ont atteint des correspondances, quand on sent s’instaurer un dialogue entre les différentes parties, que chacune parle et reçoit des réponses, une harmonie se crée. C’est alors que nous sommes attirés par ce lieu, qu’il éveille notre intérêt, qu’il nous procure des émotions, qu’il requiert notre intelligence.  

Pierre RIBOULET, Architecte