Le Nord-Pas-de-Calais, ce sont 73 zones urbaines sensibles (ZUS) sur les territoires de Béthune, Arras, Douai, Valencienne, Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Maubeuge, Calais et Lille : soit 410 000 habitants en ZUS. C’est également 217 CUCS non ZUS (contrats urbains de cohésion sociale) concernant 500 000 habitants. L’observatoire National des ZUS (ONZUS) analyse statistiquement ces territoires. Les ZUS, c’est une part plus importante de jeunes, de ménages monoparentaux et de pauvreté, comparées à leurs unités urbaines de référence (l’ensemble de la ville). Cela n’étonne personne, mais sachez que la part de logements HLM par ZUS dépend de chacune des villes, allant de 5% à Béthune à 80% sur Calais ! C’est également davantage de diplômés sans le BAC (BEP, CAP) en ZUS qu’ailleurs, et notre région dépasse les régions Rhône Alpes, PACA et Ile-de-France. Et la part des diplômés ayant le BAC s’améliore d’année en année !
Les quartiers, ce ne sont pas que des chiffres. Cette journée a permis de discuter accès à l’emploi et à la mobilité, éducation, développement durable. Mais également de programmes de rénovation urbaine (PRU) et de gestion urbaine de proximité (GUP) : les premiers aménagent les quartiers à grands renforts de moyens financiers et techniques, la seconde prépare ou répare les effets des travaux et aident à l’intégration et au partage de la connaissance des uns… et des autres. Avec le peu de moyens alloués par l’Etat et les aides locales, les acteurs de la politique de la ville créent, innovent, agissent : Valenciennes Métropole a réalisé une boîte à outils de démarches de participation, la ville de Calais a travaillé avec les habitants de la cité du "Beau Marais" sur la mémoire de leur quartier, prévu à la démolition/reconstruction, les associations APSN et ADICE, travaillent à l’intégration des jeunes en grande difficulté par l’écoute, l’emploi et les voyages. La méthode SPIRAL, développée par le Conseil de l’Europe, a pour objectif la co-responsabilisation des acteurs dont les habitants, pour l’amélioration du bien-être dans les quartiers. Il faut en retenir qu’il n’y a pas de méthodes magiques : il ne faut pas attendre un projet pour aller à la rencontre des habitants, il est nécessaire d’aller à leur rencontre par le biais de tables tréteaux en pied d’immeuble, et surtout de favoriser la prise de parole, d’expression et d’action des gens des quartiers.