Paysagiste concepteur

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Paysagiste concepteur 2

Le paysagiste concepteur est un professionnel de l’aménagement des espaces extérieurs qui intervient à toutes les échelles d’un projet : du jardin privé jusqu’au territoire à grande échelle !

Son rôle consiste à concevoir et organiser des espaces variés : des espaces publics, des projets urbains, des infrastructures, des espaces naturels, ruraux ou culturels ou encore des projets de planification territoriale.

Il prend en compte les dimensions environnementales, techniques, sociales et culturelles d’un lieu. Son travail relie différentes échelles (du détail au grand paysage) sans les cloisonner. Il travaille naturellement en collaboration avec d’autres professionnels (architectes, urbanistes, ingénieurs, écologues) dans des projets d’aménagement.

Au sein des CAUE, ces professionnels accompagnent particuliers et collectivités dans leurs projets d’amélioration du cadre de vie.

Pour en savoir plus sur le métier et les formations...

Base 11/19 – Loos-en-Gohelle

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Base 11 19 Loos en Gohelle

À Loos-en-Gohelle, la Base 11/19 est un ancien site minier devenu un paysage de mémoire et de transformation. Les chevalements, les bâtiments industriels et les terrils jumeaux témoignent de l’exploitation du charbon qui a façonné le territoire jusqu’en 1986. Ici, le relief raconte une histoire : celle d’une terre creusée, déplacée, accumulée par l’activité humaine.

Les terrils, issus des résidus d’extraction, forment aujourd’hui des hauteurs artificielles, les collines du bassin minier. Ils matérialisent l’empreinte industrielle tout en accueillant de nouveaux usages écologiques, culturels et sportifs. Le site permet ainsi de penser le paysage comme une archive visible, mais aussi comme un espace en mutation.

Coter ce paysage, c’est en mesurer les formes et les strates ; le capturer, c’est saisir cette tension entre passé industriel et reconversion contemporaine.

Repères pédagogiques

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Reperes pedagogiques mars 2026 1

  • Objectif

Cet exercice propose de dépasser la vision traditionnelle du paysage – celle d’une scène observée à distance et cadrée comme un tableau – pour explorer une approche plus immersive et sensible : on ne regarde plus le paysage de l’extérieur : on est dedans, on en fait partie. L’enjeu est de réfléchir à la manière dont on "saisit" le paysage, non plus seulement par la vue, mais aussi par la manipulation, la mémoire, le geste, le récit ou l’imaginaire.

  • Principe de l’atelier

Chaque groupe (stagiaires, élèves) choisit une boîte (à chaussures, d’emballage, de conserve, d’allumettes…) qui devient le support d’une expérimentation plastique et symbolique. Des cartes portant des mots clés sont également mises à disposition. Ainsi, à partir d’un paysage observé, chaque groupe imagine, à l’aide la boîte, une forme personnelle de "boîte-paysage", en fonction de sa sensibilité. La boîte pourrait ainsi devenir :

  • un contenant, réceptacle pour collectionner, stocker, échantillonner, organiser…
  • une valise qui invite au voyage et au déplacement…
  • un instrument pour mesurer l’espace, le temps…
  • un musée transportable, un cabinet de curiosités…
  • un outil de dessin (mise au carreau, grille…)
  • un diorama qui met en scène le paysage…
  • une boîte qui stimule le récit, la fiction…
  • un objet optique (chambre noire) pour capter, enregistrer le paysage…
  • un objet haptique qui permet de "saisir" le paysage…
  • une boîte d’enregistrement (boîte noire) …
  • une boîte livre, une boîte jouet…

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  • Déroulé et matériel

Les participants choisissent leur contenant (boîte), se mettent d’accord sur la thématique abordée et exploitent les mots, notions, photos, croquis, cartes, matériaux glanés lors de la première partie du stage. Les stagiaires disposent également de cartons, tissus, papiers, peintures, objets glanés, instruments de mesure, etc.

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  • Cet atelier s’appuie également sur des œuvres emblématiques du XXème siècle

Marcel Duchamp et sa "Boîte en valise" de 1936, les boîtes de Joseph Cornell (1903-1972), les boîtes du mouvement Fluxus (Fluxkits) des années 60, les boîtes-objets narratives de Patrick Raynaud dans les années 70, etc.

  • Enjeux pédagogiques

L’exercice invite à penser le paysage comme expérience vécue et non comme image figée. Il mobilise la création plastique comme moyen de lecture du territoire. L’expérimentation encourage les échanges et la coopération lors des phases de collecte et de réalisation concrète. Chaque boîte devient une micro-représentation du monde, un espace où se croisent perception, savoir et imaginaire.

Capter, capturer les paysages

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Regarder un paysage, c’est déjà en faire l’expérience. C’est choisir un point de vue, une distance ou parfois ne rien choisir du tout et être submergé par l’espace. C’est cette expérience du regard qu’un groupe d’enseignants et de médiateurs a partagée au printemps 2025 sur les sites de Nœux-les-Mines et de Mont-Saint-Eloi. Cette lettre revient sur ces deux journées d’immersion conçues par la DRAEAC et les CAUE du Pas-de-Calais et du Nord dont la connaissance du territoire a nourri la réflexion sur les pratiques proposées. Voici quelques repères pour prolonger cette approche en classe ou sur le terrain...

Le paysage c’est quoi ?

  • Une construction humaine et sociale : Selon la Convention européenne du paysage (Florence 2000), le paysage désigne "une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et humains et de leurs interrelations". Il s’agit donc d’une réalité vivante, en constante évolution, façonnée par les pratiques humaines et les transformations environnementales. Le paysage n’est pas seulement une image : c’est une construction collective, fruit d’un regard, d’une histoire et de la mémoire d’un lieu.
  • Un outil de compréhension et de médiation : Le paysage est un support de lecture du territoire : il révèle ses dynamiques, ses usages et ses tensions. Il constitue aussi un outil de médiation entre acteurs aux logiques différentes — élus, habitants, urbanistes, agriculteurs, enseignants. En cela, il favorise la compréhension mutuelle et la concertation autour des projets d’aménagement ou de valorisation du cadre de vie.
  • Un objet d’étude interdisciplinaire : Chaque discipline propose un éclairage particulier sur le paysage. Les géographes y lisent la structure physique du territoire (relief, végétation, réseaux), tandis que les écologistes y voient un écosystème à préserver. Les scientifiques y trouvent des données sur l’économie, la démographie ou les traces archéologiques, quand les écrivains et poètes en font une source d’inspiration et d’émotion. Quant aux publicitaires et journalistes, ils l’utilisent comme une image idéalisée ou un symbole de mémoire collective. Ainsi, le paysage apparaît comme un terrain d’observation commun synthétisant de multiples regards différents.
  • Des outils pour capter le paysage : Apprendre à regarder, c’est aussi apprendre à analyser. De nombreux outils de lecture permettent d’en saisir la complexité : les cartes anciennes (Cassini, État-Major, cadastre) montrent l’évolution du territoire dans le temps ; les photographies aériennes en révèlent l’organisation spatiale. Les reconductions photographiques mettent en évidence les mutations du cadre de vie et les observations in situ, accompagnées de croquis ou de relevés, réactivent le regard et la perception directe. Ces outils, qu’ils soient scientifiques ou sensibles, contribuent à construire une véritable culture du regard, commune à tous les observateurs du paysage.

En définitive, ces outils permettent de lire et de comprendre le paysage dans sa complexité. Mais pour en saisir toute la portée, il faut revenir à ceux qui, les premiers, ont tenté d’en traduire la beauté et les émotions : les artistes. Car l’histoire de la représentation du paysage, de l’Antiquité à aujourd’hui, éclaire notre propre manière de le percevoir.

 

Une brève histoire du regard : comprendre et représenter le paysage

Le paysage n’a pas toujours été un sujet d’attention. Longtemps perçu comme un simple décor, il est devenu, au fil des siècles, un miroir du rapport de l’homme à son environnement. De l’Antiquité à nos jours, les artistes, scientifiques et citoyens ont façonné cette notion en conjuguant observation, sensibilité et savoir.

  • Du décor à la représentation

Dans l’Antiquité, la nature n’est encore qu’un cadre symbolique : les fresques de Pompéi ou les jardins romains traduisent déjà une fascination pour la nature ordonnée, apprivoisée. Au Moyen Âge, le paysage s’efface derrière le sacré : les enluminures et vitraux évoquent davantage le divin que le réel. Il faut attendre la Renaissance pour que le regard change. Les peintres ouvrent des fenêtres sur le monde : perspective, lumière et profondeur deviennent les outils d’un regard nouveau. Le paysage entre véritablement dans l’histoire de l’art.

  • Le paysage, miroir des émotions

Au XVIIᵉ siècle, le paysage est idéalisé au sens littéral : Poussin et les classiques y cherchent l’harmonie et la mesure. Puis, avec le romantisme, la nature s’impose comme espace d’émotion : Turner, Friedrich ou Hubert Robert y traduisent le sublime, la solitude ou la fragilité humaine. L’Impressionnisme viendra capter la vibration du réel : Monet ou Pissarro peignent l’air, la lumière et le temps qui passe.

  • Du tableau au territoire

Au XXᵉ siècle, le paysage quitte les cadres du musée : les artistes du Land Art comme Robert Smithson, Christo ou Richard Long interviennent directement dans la nature. Le paysage devient à la fois matière, œuvre et expérience. Cette évolution rejoint les démarches actuelles : photographes, urbanistes, paysagistes ou enseignants s’emparent à leur tour de ce regard sensible pour lire et comprendre le territoire.

En conclusion, la formation "Capter, capturer le paysage" s’inscrit dans cette filiation. A partir d’outils concrets, les participants ont exploré le paysage comme trace du temps et expression collective. Observer, nommer, comparer : autant de gestes qui permettent d’apprendre à voir, à interpréter et à comprendre le monde qui nous entoure.

 

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