Palimpseste

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Un palimpseste est un parchemin que l’on a effacé afin de pouvoir réécrire par-dessus mais qui, de fait, garde des traces des écrits antérieurs.

Quel rapport avec le paysage ?

Le paysage est une somme de composantes variées, issues de mécaniques naturelles ou anthropiques. Il est investi d’une fonction archéologique car il a enregistré, étape par étape, les évolutions successives l’ayant modelé. En étudiant minutieusement un paysage, il est en effet possible d’y lire des traces d’époques passées, de quelques décennies à plusieurs millénaires. Cette juxtaposition d’héritages a été énoncée de la sorte par l’historien Fernand BRAUDEL : "Les paysages, les espaces ne sont pas uniquement des réalités présentes, mais aussi et largement des survivances du passé".

C’est donc en ce sens que le paysage constitue un palimpseste de l’histoire, conservant les traces héritées du passé (même infimes) au-dessus desquelles on n’a cessé de réécrire.

Une exposition

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"40 ans - 40 lieux"

Ce projet a été initié à l’occasion des 40 ans des CAUE, à l’échelle de l’Union Régionale, pour mettre en place une action commune de lecture des paysages.

Chacun des 5 CAUE des Hauts-de-France a retenu 8 sites qu’il souhaite valoriser sur son département. Le choix des sites s’inscrit dans les enjeux et singularités qu’il a souhaité révéler, illustrer et valoriser. Le CAUE du Pas-de-Calais a choisi de mettre en évidence 8 grands paysages du département :

1. Les Deux-Caps : un territoire labellisé Grand Site de France
2. Le bocage : la boutonnière du boulonnais
3. La baie d’Authie : un paysage horizontal
4. Le plateau frugeois : les paysages éoliens
5. Les vallées : autour de la Canche
6. La chaîne des terrils : un paysage industrialisé
7. Les paysages de mémoire : les belvédères artésiens
8. La reconstruction : le grand plateau artésien

Cette exposition cherche à initier le public à la lecture de paysage : apprendre à poser un regard sur leur environnement quotidien, à l’analyser et à le comprendre.

En savoir plus…

 

"Une région, des paysages"

Cette exposition propose de découvrir la diversité des paysages qui composent la région, leurs caractéristiques et leurs évolutions. Elle a pour objectif de développer l’information, la sensibilisation et l’esprit de participation du public, sur ces paysages en constante transformation et sur lesquels l’homme agit en permanence.

En lien avec ces ressources, un concours photo, "Paysages en Hauts-de-France, une création permanente", a été organisé par l’Union Régionale des CAUE Hauts-de-France.

Les photographies lauréates sont exposées dans le hall de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne, jusqu’à fin mars 2022.

Repères pédagogiques

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Les liens ci-contre renvoient vers différents sites proposant de très nombreuses situations de travail autour de la notion de paysage. Ces pistes d’exploitation pédagogiques s’adressent à tous les niveaux d’enseignement (de la GS-CP au lycée) et se veulent avant tout pluridisciplinaires. Ces situations offrent donc à chaque enseignant la possibilité de s’approprier des outils pour mener à bien cette réflexion avec les élèves.

Ce corpus documentaire intitulé "Le paysage, guide pédagogique", proposé par Alterre Bourgogne-Franche-Comté, regorge de fiches outils sur le thème du paysage permettant de mettre en œuvre de nombreuses situations de cours au sein des établissements scolaires. On y trouvera notamment des fiches activités sur "Dessiner le paysage", "Écouter le paysage", "Raconter le paysage", "Lire le paysage", "La ville idéale", "Jeu de piste dans le paysage urbain", "Le quartier vu d’en haut", "Les différents types d’habitats", "Le paysage du passé", "Le paysage du futur", "La ville idéale", "Course d’orientation dans le paysage"…

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Le réseau Canopé propose dix séquences pédagogiques dans ce dossier intitulé "Entrez dans le paysage…". Ce dossier a été conçu pour guider les enseignants qui souhaitent se lancer dans un projet interdisciplinaire en EDD (éducation au développement durable), et plus particulièrement sur la thématique du paysage et de l’aménagement du territoire. On y trouvera, entre autres, des séquences sur "Exploiter le territoire tout en protégeant l’environnement" (SVT, Histoire-Géo, SES, Docu…), "Observer et analyser un paysage" (SVT, Géo, Lettres modernes, Arts plastiques…), "Déterminer les causes de l’évolution du paysage" (SVT, Histoire-Géo, SES, Docu…), "Rêver le paysage" (Arts plastiques, lettres modernes, langues…), etc.

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"Pays-Paysage : Observer et comprendre le paysage" est une introduction à la lecture de paysage adaptée à différents niveaux. Un outil, proposé par le CAUE 59, simple et compact pour démarrer l’étude de paysage.

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"L’école buissonnière" est un outil de sensibilisation du CAUE 62 à destination des enseignants et animateurs locaux. Il propose des pistes de travail sur les thèmes de l'architecture et du paysage, en lien avec les orientations scolaires des écoles primaires, des collèges et lycées.

Les thématiques abordées visent à alimenter les projets pédagogiques autour du paysage, mais également autour de la ville, du patrimoine ou encore de l'architecture. Elles favorisent le croisement des champs disciplinaires et proposent des questionnements, des idées de cheminements et ateliers à mener avec les classes : "un pays, mille paysages", "le génie du lieu", "rendez-vous au jardin", "urbi et orbi"…

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A chacun son "paysage" ?

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Une brève histoire du paysage

Qu’ils soient réels ou imaginaires, les paysages ont été décrits partout où existait l’écriture. Les textes des auteurs grecs et latins tels que : Homère, Platon ou Pline l’Ancien manifestaient une réelle sensibilité au paysage, souvent inspirés par la poésie des jardins. On retrouve cette nécessité de "dire" le territoire également en Chine dès le IVème siècle, à travers le premier traité sur la peinture de paysage, puis en Europe du Nord vers le VIIIème siècle avec l’apparition du mot Landschaft qui deviendra Landscape en anglais. En France, le terme "paysage" apparaît vers 1549 mais dans chaque idiome, le paysage renvoie plus ou moins à l’idée de pays et de territoire.

Si le terme reste alors souvent flou, c’est à travers l’art que nous pouvons trouver des clés de compréhension quant à l’évolution de la représentation de "l’idée" de paysage au fil des siècles.

A la renaissance, les retables et autres tableaux deviennent des "fenêtres ouvertes sur le monde" et les peintres abandonnent progressivement l’espace symbolique et immatériel recouvert de feuilles d’or caractéristique de l’art byzantin du Moyen-Âge au profit d’un espace scénique monofocal (avec un point de fuite) dans lequel prend peu à peu place le "paysage".

Au XVème siècle, Jean Van Eyck met en place les trois plans successifs d’un paysage caractéristique de la peinture flamande. Au XVIème, les paysages peints de Dürer s’emparent de la totalité du tableau et au XVIIème, des peintres comme Nicolas Poussin donneront les lettres de noblesse au genre. Les artistes romantiques du XIXème verront dans le paysage la meilleure façon d’accéder au "sublime" avant que la photographie ne prenne le relais de la production des images de paysage avec l’avènement du daguerréotype.

Le paysage comme perception

"Dis-moi quel paysage tu vois et je te dirais qui tu es !" car pour la plupart des cultures un "paysage" est avant tout une lecture de son environnement, une "portion d’espace appréhendée par les sens"1. La notion renvoie donc autant à l’objet qu’à sa perception. Quel est mon point de vue ? Qu’est-ce que je vois et comment je le vois ? Mon voisin verra-il la même chose que moi ? Que voyait mon aïeul devant ce même paysage ? Alain Corbin2 prend l’exemple d’un bord de mer jonché de blocs erratiques et d’éboulis. Pour la quasi-totalité des hommes du XVIIIème siècle, ce paysage "chaotique" résultait du retrait des eaux suite au Déluge biblique. Depuis, nos unités de mesures ont évolué et nous sommes habitués à "lire" le travail de l’érosion à l’œuvre depuis des millions d’années.

La notion est donc ambiguë car elle renvoie à la fois à un objet spatial, à une réalité matérielle, mais aussi au "regard" qui se porte sur elle. Répétons-le, nous dit encore A. Corbin, "les individus qui vivent au même moment éprouvent l’espace selon des systèmes d’appréciation différents… ce qui fait qu’il y a autant de paysages qu’il y a d’individus"3.

Notre perception d’un paysage est donc déterminée par nos références culturelles, nos croyances, notre imaginaire mais aussi par notre façon de le parcourir… de le "pratiquer".

Pratiquer le paysage c’est s’interroger sur notre façon de l’éprouver, de le traverser parfois. Parcourir le paysage à pied, à vélo, à cheval procure une expérience bien différente que de le parcourir en voiture, en train ou en montgolfière. Le temps et la vitesse sont des facteurs qui agissent directement sur notre interprétation. A l’aspect kinésique (le mouvement), s’ajoute l’aspect kinesthésique (la sensation), car notre façon de nous déplacer mettra en éveil certains de nos sens et influencera notre perception du paysage (ressentir la fraîcheur, le vent, la chaleur, l’humidité, etc.).

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Le paysage comme évolution

Dans le film de George Pal de 1961 "La machine à explorer le temps", le protagoniste embarque dans son module et fait un voyage temporel de plusieurs milliers d’années. Les mutations du paysage environnant défilent à toute vitesse devant lui. La roche s’érode, la montagne devient plaine, la plaine devient ville, la ville devient forêt…

Ce qu’illustre cette séquence est bien la constante transformation du paysage à l’œuvre depuis la nuit des temps. Ces transformations sont de deux ordres : soit naturelles, soit artificielles.

Les transformations naturelles du paysage sont plus ou moins longues et interviennent sous l’effet des éléments (inondation, sècheresse, érosion, éruption volcanique, tremblement de terre…).

Les transformations artificielles (anthropiques) sont, quant à elles, plus ou moins rapides et apparaissent sous l’effet de la main de l’homme (déforestation, assèchement des marécages, cultures, urbanisation, industrie, guerres…).

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Vers une définition universelle du paysage ?

Ainsi se pose la question de savoir quelle définition privilégier : celle des géographes pour qui "l’histoire des paysages est celle de la manière dont ils se sont formés et dont ils ont évolué, selon la tectonique, le modelé, l’évolution des milieux naturels, celle de la flore, de la faune, les systèmes de production et d’échange ainsi que, plus généralement, selon les modes d’intervention de l’homme"* ou bien celle retenue lors de la Convention Européenne du Paysage de 2000 à Florence durant laquelle les participants se sont accordés sur une définition commune et universelle qui stipule que : "Le paysage est une partie de territoire, telle que perçue par les habitants et les visiteurs, qui évolue dans le temps sous l’effet des forces naturelles et de l’action de l’homme." ?

Loin d’être un frein à l’exploitation pédagogique, l’ambiguïté de la définition du mot "paysage" ouvre à la multiplicité des lectures ("froide" et/ou "subjective") et donc au débat et à la confrontation des points de vue argumentés. Travailler le paysage c’est "préparer l’élève à maîtriser l’image"4 en mobilisant la déduction, en proposant des hypothèses, en mettant en relation différentes observations. C’est évidemment aussi donner les clés indispensables aux citoyens de demain pour conduire une réflexion sur l’environnement et le destin de notre planète.

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1 4 50 activités avec le paysage, CRDP Midi-Pyrénées, 1999
2 3 Alain Corbin "L’homme dans le paysage", Edition Textuel, 2001

Des coins nature à découvrir ou redécouvrir

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Les espaces de biodiversité sont très présents sur le territoire du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale. Ils peuvent prendre différentes formes et être gérés selon des principes propres à chacun. Souvent accessibles au grand public, ils permettent de sensibiliser à la faune et à la flore locale, ainsi qu’à des modes de gestion plus naturels.

Les vergers conservatoires de Crémarest sont gérés par une convention partenariale entre le Parc, la commune et le Centre Régional des Ressources Génétiques, dont la mission est la sauvegarde et la valorisation des espèces végétales et animales cultivées ou domestiquées. On retrouve, dans ces vergers, des collections de pommiers, poiriers et pruniers. L’entretien des parcelles se fait par éco-pâturage ovin ou bovin.

Biodiversite PNR 2Les vergers conservatoires de Crémarest entretenus par des vaches

Le coin nature d’Hardinghen a été réalisé en partenariat avec Eden 62 et la municipalité. Zone humide à l’origine, l’intervention a été minime pour préserver la faune et la flore en place : des barrières boulonnaises permettent d’entrer sur le site dans lequel un cheminement permet de déambuler. La nouvelle mare permet l’accueil des amphibiens, les prairies sont pâturées par des moutons et du mobilier facilite l’observation de la nature. Les plantations d’essences locales participent à la bonne intégration de l’aménagement.

Biodiversite PNR 1La plateforme d’observation de la faune et de la flore à Hardinghen

Biodiversite PNR 3La mare du coin nature d’Hardinghen

À Bainghen, une démarche participative a permis aux habitants de proposer des projets d’aménagement pour des parcelles regroupant de l’habitat de loisirs. La commune a pu acheter, avec l’aide de l’Établissement Public Foncier (EPF), certaines de ces parcelles et inscrire sa démarche dans le cadre de l’appel à projets Partons 2.0 initié par le Parc. Aujourd’hui, un espace de jardin partagé regroupe une serre, des carrés potagers et du mobilier. D’autres zones accueillent un rucher pédagogique, des vergers et du pâturage.

Biodiversite PNR 4Le jardin partagé de Bainghen

Le 23 septembre dernier, le Parc a organisé une visite de cinq coins nature sur son territoire. Ouverte aux partenaires de la plateforme Ingénierie 62, tels que le CAUE, les agences d’urbanisme, les techniciens du Département…, cette journée a permis de découvrir des sites aménagés récemment ou depuis plusieurs années.

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Le muret de pierre sèche accueille une faune et une flore particulière à Colembert

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Le pâturage près de l’église de Bellebrune

Si vous souhaitez découvrir les autres coins nature, vous pouvez contacter le Parc au 03 21 87 90 90.

Bonnes visites !